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Hier c’était la fête de Sébastien. Pour les gens qui me connaissent de près, vous savez que les derniers jours ont été très pénibles pour moi. Retour sur mes apprentissages en accéléré.

J’ai commencé des rencontres dans un groupe de deuil en janvier et lors de nos deux dernières rencontres, nous avons abordé la colère et la culpabilité. Deux thèmes qui me parlent beaucoup. J’ai pleuré plus que je ne pouvais le supporter. J’ai hyperventilé, j’ai eu mal au coeur, j’ai crié. 

J’ai écrit à Sébastien pour lui demander pardon. Pardon de ne pas l’avoir assez aimé, pardon pour les mots prononcés et ceux que je n’ai pas su dire. Pardon de lui avoir demandé de mourir (oui, on se parlait dans le blanc des yeux Seb et moi!). J’avais l’impression de reculer dans mon processus de deuil.

Hier, dans un élan de tristesse et de culpabilité, j’ai regardé toutes les photos prises lors de la dernière journée, lors de notre fête en son honneur. Et j’ai écouté toutes les vidéos qu’il nous a laissé avant de mourir.

Il parle de lui, de la maladie. Il parle aux filles. Il me parle à moi aussi. Il me dit ce qu’il aimait de moi. Et c’est là que j’ai eu toute une révélation : Je n’aurais pas pu l’aimer plus, parce que je l’ai aimé d’un amour plus fort et plus sincère que ce que je m’étais imaginé.

Hier, la journée de sa fête, je suis retombé amoureuse de Sébastien. De cet homme fort et courageux. De cet homme amoureux de sa famille et fier de sa vie. Un homme qui ne vivait pas dans le passé. Qui tournait la page et vivait au présent.

Une amie m’a demandé ce que Seb m’aurait dit au sujet de la culpabilité. J’ai répondu : Il ne savait même pas c’était quoi se sentir coupable! Bang…Encore une révélation! Pourquoi me sentir coupable? Il doit bien rire en haut et se dire : Bon y’était temps la grande! Quelle perte d’énergie.

Dans une des vidéos, il donne un conseil aux filles pour leur vie : Garder les choses simples. Travailler fort, mais garder ça simple. Keep it simple! Je l’avais oublié celle-là. Moi qui se pose toujours trop de questions.

Aussi, il parle d’une phrase clé qui doit mener nos vies, comme il a mené la sienne. Comme il a vécu la maladie aussi. Et comme il voulait que ce soit après sa mort. Devinez laquelle? « Ça va bien aller… »

Je pensais qu’en me détachant de lui, ça serait plus facile. J’avais hâte de passer à autre chose. Changer de vie. Encore une fois, une autre révélation : c’est en me rapprochant de lui que ce sera plus facile. Sébastien a été un amoureux exceptionnel pour moi. Il n’a jamais cherché à me changer ou me rendre responsable de son bonheur. Il m’aimait et était heureux avec moi, c’est tout!

Hier, je suis retombé amoureuse de lui…

Un ami m’a dit : Concentre-toi sur le plus beau des cadeaux qu’il t’a laissé : vos filles. Hier soir, j’ai écouté toutes les vidéos avec les filles. Elles ont craqué, elles ont pleuré comme ça faisait longtemps qu’elles l’avaient fait. Ensuite, nous avons mis le déodorant de Seb (ben oui je l’ai gardé, ça sent bon!) sur nos oreillers. Ça sentait bon dans la maison, c’était rassurant. Nous nous sommes endormie paisiblement avec son odeur et la libération de tous nos pleurs.

J’ai deux filles merveilleuses, en santé, intelligentes et empreintes d’une sagesse hors du commun. Je les aime sans condition, comme Sébastien nous a aimé. Tu avais peur qu’on t’oublie, rassures-toi là-haut, c’est impossible!

Hier, j’ai reçu le plus beau des cadeaux alors que ce n’était même pas ma fête à moi. J’ai reçu la certitude que…ça va bien aller…

Je t’aime…

Martine

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