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Crédit photo : Martin Belleau (merci mon ami)

Bientôt 7 mois que son départ aura marqué nos vies. Celles de nos enfants, nos amis, nos familles et la mienne. Ceux et celles qui ont vécu des deuils sauront se reconnaître, j’ai fui. J’ai comblé le vide par toutes sortes de moyens, qui ont passé plus inaperçus que la bouteille pour l’alcoolique ou la ligne de poudre pour le toxicomane.

À l’approche des fêtes, notre premier Noël sans lui, les émotions se bousculent dans tout mon être. Je suis à fleur de peau, les sanglots prêts à jaillir à tout moment. Au gym ou à l’épicerie, dans mon salon ou en train de cuisiner, mes émotions n’en ont rien à foutre, elles veulent sortir. J’ai fui le sentiment de vide intense, le trou gigantesque laissé par son départ. Départ qui laissera à jamais son empreinte sur moi.

J’ai levé le flag.

Je ne sais pas comment être seule, comment être bien seule avec moi-même. C’est tout une révélation et tout un apprentissage en même temps. L’année 2018 se termine avec cet énorme sentiment de vide que j’ai engourdi longtemps. Je le laisse refaire surface et m’apprendre qui je suis. Heureusement c’est un temps de l’année où l’amour est plus que présent dans ma vie.

Je ne réalise pas encore tout à fait ce que j’ai vécu. Plusieurs amis me l’ont demandé : Martine réalises-tu par quoi tu es passé? À chaque fois ma réponse est non. Mon recul actuel n’est en rien un pas en arrière. Au contraire, je me sens avancer dans la bonne direction.

J’élimine tranquillement les distractions pour revenir à l’essentiel : prendre le temps de prendre le temps, faire le plein d’amour avec mes filles et faire grandir mon sentiment intérieur que je suis une « putain de guerrière ». Personne ne pourra m’enlever cette puissance intérieure que cette épreuve aura fait naître en moi. Me reste maintenant à la reconnaître pleinement, l’apprivoiser et continuer à la nourrir.

J’ai éliminé toutes les personnes qui n’avaient pas leur place dans ma vie pour laisser l’espace nécessaire à toutes celles qui ont envie d’y être et de cheminer avec moi. Mais surtout, je fais place à toutes celles qui reconnaissent la grandeur, la tristesse et la beauté de cette aventure et de mon cheminement, qui avouons-le est parfois chaotique, mais toujours enrichissant.

Sébastien fait maintenant partie de ma petite voix intérieure qui me conseille. Il était mon roc, mon ground. Il le reste maintenant à l’intérieur, à côté de ma petite voix folle qui continue la merveilleuse complicité que nous avions ensemble.

Il sera celui qui aura tellement confiance en moi, jusqu’à ce que je devienne cette personne. Il sera celui qui me donnera le coup de pied au cul pour me faire avancer en croyant en mon potentiel, jusqu’à ce que je devienne cette personne. Il sera celui qui m’incitera à vivre ma vie sans l’approbation des autres, jusqu’à ce que je sois capable de le faire par moi-même. Pour trouver mon bonheur avec moi-même.

Quand j’ai étudié en psychologie, on nous apprenait le pouvoir des silences dans la communication. C’est maintenant que j’en prend conscience. Le silence a un pouvoir plus grand que nature, non seulement dans nos conversations, mais aussi dans notre tête, nos mouvements, nos prises de conscience. Le silence est magique.

Une chanson magnifique. Portez une attention particulière à 1:45 :
Silence de Fred Pellerin

J’apprivoise le silence pour emmagasiner tout son pouvoir.

Martine

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