167560_495651722679_1445430_n
Voyage au Panama

Je n’avais jamais accompagné quelqu’un dans la maladie. Je n’avais jamais accompagné quelqu’un dans la mort. Je n’avais aucune expérience de la mort d’un proche. Je n’avais jamais vu personne mourir. 

À travers les dernières années, j’ai ressenti à plusieurs reprises de la culpabilité. Beaucoup de culpabilité. J’aurais pu l’aimer plus. J’aurais dû l’aimer mieux. J’aurais pu me fâcher moins. Il avait un caractère fort et moi j’ai toujours eu un tempérament bouillant. Ajoutez à ça deux jeunes enfants et une maladie dégénérative. On était deux bombes à retardement qui se contrôlait tant bien que mal.

Oui j’ai voulu partir, mais je suis resté. Oui j’étais fatiguée, mais j’ai continué. Et oui j’ai voulu que ça finisse pour reprendre le contrôle de ma vie, mais j’ai quand même lutté à ses côtés jusqu’à son dernier souffle.

Cet après-midi du 17 mai 2018, couchée à côté de toi, quand le médecin t’a demandé si tu étais prêt, j’ai eu peur que ce soit de ma faute si tu mourais. Je me sentais coupable que le héros du film meure cette journée-là.

Merci d’avoir permis les discussions des dernières semaines où tu n’en pouvais plus. De m’avoir confirmé que tu étais bel et bien rendu là toi aussi. Que tu n’avais même plus l’énergie de faire une sortie en famille.

Merci chéri de l’avoir fait pour toi et pour moi aussi, parce que tu savais que je n’en pouvais plus. Parce que tu trouvais que tu étais un frein au développement de nos filles. Parce que tu savais que ce qui s’en venait n’aurait pas été très joli pour toi et que tu étais catégorique sur le désir de partir quand viendrait le temps.

Je me pardonne pour tous ces moments de désespoir et de chicanes où la colère gagnait sur la peine qu’elle cachait. Je te demande pardon si j’ai dit ou fait des choses qui t’ont fait de la peine. Pour certains, j’aurais pu abandonner bien avant. Pour d’autres, j’aurais peut-être dû en faire plus. Une chose est sûre, on a fait un mosus de bon team jusqu’à la fin et j’ai fait ce que j’ai pu.

Tout est une question de perception…

Je t’aime xxx
Martine

Advertisements