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Crédit photo : Éric Neville (merci mon ami!)

C’est l’histoire d’un homme plus grand que la maladie. Un homme qui aura été le héros de cette aventure triste et belle à la fois. Une histoire qui se terminera cette semaine, le jeudi 17 mai. 

Comment vous décrire ce que je peux ressentir. Perdre mon chum sera mon premier véritable deuil. Je n’ai pas vraiment connu mes grand-parents. Mes parents sont encore bien présents dans ma vie et je n’ai perdu aucun animal de compagnie, pas même un poisson rouge.

À 38 ans, je vivrai mon premier deuil. À 4 et 6 ans, mes filles vivront un des plus grands deuils qui existent, celui de perdre un parent. Ma peine est belle et bien présente, mais mes doutes et mes insécurités sont bien minimes face à l’épreuve que vivront nos cocottes dans quelques jours.

Le 17 mai n’est pas une date choisie au hasard. Sébastien avait une soeur, la seule de la famille. Elle est décédée étant tout juste un bébé, la mort du nourrisson. Cette date significative amène un peu de réconfort et de logique dans le choix de l’aide médicale à mourir. Comme si ça devenait plus rationnel et que ça donnait un sens à tout ça.

L’aide médicale à mourir étant récente, elle nous fait nous questionner sur nos valeurs, nos croyances, nos convictions. La mort naturelle nous ne l’avons pas choisie. L’aide médicale à mourir est un choix et peut parfois nous donner l’impression d’abandonner nos proches. L’étymologie nous invite à définir l’euthanasie comme l’art de donner une bonne (eu) mort (thanatos). Par bonne mort, on entend surtout aujourd’hui mort sans souffrance.

C’est entouré de ses proches que Sébastien quittera cette vie la tête haute, laissant une image impeccable de son parcours depuis les 4 dernières années. Sans faille, sans défaite, autres que celles imposées par la perte d’autonomie qu’amène la SLA. Amoureux de la vie, il aura allégé l’impact sur tout le monde autour de lui, par son courage et sa détermination à toute épreuve.

Le père, l’amoureux, le fils, le frère, le gendre, le cousin, l’oncle et l’ami que nous perdrons tous sous peu, cet homme aura été le grand héros de cette histoire. Il aura gardé le sourire jusqu’à la fin, racontant à qui veut bien l’entendre ses blagues et ses niaiseries. Cet homme moqueur et d’un calme déconcertant, il va tous nous manquer profondément.

Je garderai en tête à jamais ta réplique préférée… « Ça va bien aller! »

Je t’aime chéri
Martine

 

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