bare-1986105_1920Vendredi 26 février 2016. J’allais prendre une des plus importantes décisions de ma vie, celle d’accepter l’arrêt de travail proposé par mon médecin. J’avais le billet médical en main depuis la veille, passant mon jeudi soir à me demander ce que j’allais faire de ça.

Loin de me douter que ce serait un des plus beaux cadeaux que j’allais m’offrir, celui de prendre du temps pour moi et de me repositionner au centre de ma vie.

J’ai traversé des montagnes russes. J’ai passé des journées effouerrée sur le divan. J’ai créé mon blogue. J’ai écrit, écrit et écrit encore. J’ai pleuré. J’ai ri. Et un jour je suis sortie. Je suis aller marcher et j’ai profité de la journée.

Je me suis remise en question. J’ai enclenché un suivi avec une travailleuse sociale qui m’a beaucoup aidé. J’ai encore pleuré. J’ai pris des décisions, que j’ai remises en question le lendemain. J’ai pensé à moi en essayant de revoir qui j’étais, ce que j’aimais.

Aujourd’hui, un an plus tard, je suis plus forte. Forte dans le sens où je me connais bien et j’accepte qui je suis. Je connais mes limites et j’ose les nommer. J’ai plus confiance en moi et je sais ce que je veux et ce que je ne veux plus.

L’avenir ne me fait plus peur, au contraire il est source d’inspiration et de possibilités. Le ici et maintenant gouverne mes journées. S’inquiéter ne sert à rien et ne change rien. Je sais que je prendrai les bonnes décisions quand viendra le temps de les prendre, car on prend toujours la meilleure décision possible.

Le passé n’est plus source de regret ou de nostalgie, au contraire il a forgé qui je suis. Je suis à la fois fière de qui j’étais, fière de qui je suis et je suis déjà fière de qui je serai. Car je reste moi-même. Je respecte mes valeurs. Je fais maintenant confiance à mes feeling. Je ne vis plus dans la culpabilité, la honte ou la peur de ce que les autres vont penser.

À 37 ans, je n’ai jamais été aussi fière de moi. Au lieu de voir tout ce que j’ai manqué, pour la première fois de ma vie, je vois tout ce qui est possible de réaliser.

C’est maintenant à l’aspect professionnel que je m’attaque. J’ai adressé mes limites, j’ai nommé mes intentions et pour l’instant, tout va pour le mieux. Des projets enrichissants s’annoncent pour moi parce que j’ai osé identifier ce que je voulais et ce que je ne voulais plus. Et le plus important, on m’a écouté. Je ne veux plus travailler à temps plein. J’ai fait ce choix pour moi et ma famille. On verra où la vie me mènera.

Alors à tous ceux et celles qui vivent ou vivront une situation difficile, je vous souhaite de prendre le temps de penser à vous. Prenez le temps de pleurer, prenez le temps de rire. Prenez le temps de remettre vos choix en question et surtout, prenez le temps de modifier et d’améliorer votre vie selon vos valeurs et VOS priorités, pas celles des autres.

J’ai enfin compris que la personne la plus importante dans ma vie, c’est moi. Je pensais que mes filles devaient prendre toute la place (ou presque!) ou encore que mon chum devait lui aussi être en priorité vu la maladie. J’ai enfin compris que si JE suis heureuse, mes filles et mon chum sont heureux aussi.

On entend souvent les gens parler de leur dépression comme un cadeau. Et bien un an plus tard, c’est effectivement comme ça que je vois mon arrêt de travail. Le plus beau 6 mois que j’ai vécu jusqu’à présent dans ma vie. Je n’avais jamais vraiment arrêté avant ça. J’allais à l’école et je travaillais en même temps, ensuite l’université et encore le travail en même temps, ensuite un « vrai » travail qui me prenait tout mon temps. C’est ajouté à ça les enfants et alors là, je n’avais vraiment plus de temps!

Jusqu’à ce jour, du 26 février, ou le temps s’est avéré être MON temps. Plus jamais je ne retournerai comme avant. Si vous discutez avec moi, vous trouverez peut-être que j’ai changé. Vous trouverez peut-être que je suis moins dynamique qu’avant. Et pourtant je vais beaucoup mieux et je suis heureuse. Je suis simplement moi-même sans avoir envie de plaire aux autres pour me faire aimer ou accepter, car au fond, j’ai suffisamment d’amour pour moi-même.

Tout est une question de perception…

Martine

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