running-1421620_1280Accompagner un enfant dans ses pleurs lui permettrait de se construire plus solidement et de prendre confiance en lui, de façon à ce qu’il puisse traverser des épreuves de plus en plus douloureuses, même à l’âge adulte. C’est en résumé ce qu’expliquait notre psychologue spécialisée en enfance et en soutien parental. Voici ce que j’ai appris…

Pleurs justifiés ou non?

C’est fatiguant un enfant qui pleure pour avoir un biscuit alors qu’on va souper dans 30 minutes. Ça m’énerve moi aussi un enfant qui chigne pour ne pas attacher ses souliers alors qu’on est prêt à partir. Moi aussi ça m’est déjà arrivé d’acheter la paix, parce que je n’en pouvais plus devant la colère démesurée de mon enfant.

Saviez-vous que c’est lorsque notre enfant pleure de façon intense que nous avons le pouvoir de jouer notre plus grand rôle de parent? L’accompagner dans sa peur de mourir! Oui oui, un enfant qui pleure à cause d’une frustration quelconque croit littéralement qu’il va mourir.

La méthode (c’est quoi au juste?)

Que devons-nous faire? Simplement le prendre dans nos bras et ne rien dire. Pour vrai? Trop facile! Quoique pas toujours quand on est en maudit, parce qu’il pleure pour une raison complètement ridicule à nos yeux. Il faut se rappeler que l’enfant lui, croit que c’est la fin du monde et qu’il va mourir. L’émotion qui l’envahit est si forte qu’il ne peut même pas se contrôler. Essayer de le raisonner ne sert à rien. Essayer de lui expliquer pourquoi ne sert à rien non plus. Tout ce que nous devons faire, c’est être présent et l’accompagner dans ses pleurs.

Tester la méthode (mon expérience d’hier!)

J’ai eu l’occasion de tester tout ça hier soir. Je finissais mon mélange de pain aux zucchinis et Maryka voulait m’aider à le brasser. Comme l’heure de se coucher approchait et que je voulais faire vite, je lui ai dit non. Vous auriez dû voir la crise de larmes incroyable qui s’en est suivi. J’ai tout arrêté et je l’ai prise dans mes bras. Elle a pleuré à en mouiller mon épaule. Lorsqu’elle s’est enfin calmée (étonnamment très rapidement), je lui ai fait un gros câlin et elle est parti jouer avec Charlie. Euh? C’est tout? Oui that’s it!

En gardant en tête que Maryka croyait à ce moment-là que son monde s’écroulait et qu’elle allait mourir de cette frustration, ça m’a aidé à me calmer moi-même et à être simplement présente pour elle, en l’accompagnant.

Seb m’a jeté un regard complice en me disant : ouf, on a failli mourir!

Ça fonctionne tellement bien que ça donne presque le goût de les faire pleurer pour tester la méthode!

L’enfant agressif

Malheureusement, un enfant qui n’est pas accompagné dans ses pleurs, parce que le parent n’y répond pas (j’suis tannée de l’entendre brailler, il va finir par arrêter), parce que le parent diminue l’importance des raisons de sa crise (ben voyons, tu vas pas pleurer pour ça), parce que le parent est lui-même trop en colère pour gérer la crise de son enfant, peut amener ce dernier à réagir avec agression.

Cette agression peut être physique (des coups à sa soeur ou son frère), verbale (t’es méchante, je t’aime pu) ou encore non-verbale (des grimaces, bouder). L’agression peut même être tournée vers l’enfant lui-même (je suis nulle, personne m’aime, je suis bon à rien).

En devenant adultes, ces enfants utiliseront des stratégies de défense ou de réaction face à certaines frustrations qui sont inadéquates. Vous n’avez qu’à reprendre toutes les réactions agressives mentionnées ci-haut et les associer à l’adulte. Nous connaissons tous des adultes qui agissent ainsi! Je dirais que moi je suis dans la catégorie du boudin!

Je suis coupable!

Je dois humblement avouer que je suis parfois (ok souvent) fâchée et que la méthode punition (ou conséquence, retrait, name it!) est mon arme finale pour reprendre le contrôle de la situation. Au fond de moi, je n’aime pas agir ainsi et honnêtement, prendre mon enfant dans mes bras correspond davantage à ma vérité de maman.

À retenir

Lorsque l’on cause une frustration chez notre enfant (on s’entend pour dire que le parent est la source principale), l’enfant peut réagir de deux façons :

  1. Pleurer : Yé c’est ce qu’on souhaite! Notre enfant nous fait assez confiance pour pleurer devant nous et c’est là que nous pouvons l’accompagner pour se construire plus solidement.
  2. Agir avec agressivité : Oups, on a échoué à quelque part dans la séquence de frustration.

Construire la confiance en soi de mes filles, en les prenant simplement dans mes bras (et en ne disant rien par dessus le marché!) pour qu’elles puissent trouver les forces nécessaires pour se consoler elles-mêmes et traverser les frustrations et les épreuves de plus en plus difficiles qu’amène la vie, ça c’est une théorie en psychologie comme je les aime!

Tout est une question de perception…

Martine Phaneuf

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