selfies-1149816_1280Pourquoi? Parce que je veux être aimée. Parce que je veux être quelqu’un. Parce que je veux être connue et reconnue. Parce que ça comble mon besoin d’attention. Parce que je veux faire une différence dans vos vies, dans ma vie finalement… 

Si je voulais n’écrire que pour moi, que pour me faire du bien à moi, sans compter les j’aime, les partages ou les commentaires, j’écrirais un journal intime. C’est ça qu’on faisait dans le temps, quand on voulait garder nos pensées pour nous. Si je voulais prendre des photos que pour mes souvenirs, je ne les partagerais pas. Je les garderais pour moi. Si je les partage, c’est que je cherche une réaction, que je veux des commentaires. Je vais à la pêche aux compliments! Je veux penser ne serait-ce qu’un instant que ma vie est intéressante, qu’elle est spéciale.

Ma vie est bien ordinaire finalement. Comme tout le monde j’imagine. Elle comporte des hauts et des bas. Quand je post un statut ou une photo et que j’ai plein de réactions, je me sens vivante, j’ai l’impression que j’existe, que je fais partie d’un plus grand tout. J’ai l’impression que vous ne m’avez pas oubliée, que je fais encore partie de vos vies, de vos souvenirs. Parce que moi j’ai des souvenirs avec chacun d’entre vous. Je pense encore à vous tous, un petit peu de temps en temps. Et au contraire, si je n’obtiens pas grand chose, je me demande si vous m’avez oubliée, si je suis en train de disparaître petit à petit. C’est fou hein?!

On veut tous être aimé à la base. Tout ce qu’on fait c’est pour être aimé finalement. Et tout ce qu’on ne fait pas, c’est pour être aimé aussi. Ou pour ne pas perdre cet amour.

Bonjour, je m’appelle Martine et je suis accro aux réseaux sociaux.

J’espère que vous comprenez ce que je veux dire. J’espère que je ne suis pas la seule. J’imagine que non, mais que peu d’entre nous osent le dire. Parce que c’est poche de dire qu’on dépend du nombre de likes pour définir notre humeur de la journée.

Je cherche à obtenir le même nombre de clics qu’une autre publication, une qui vous a marqué, que vous avez aimé. Je souhaite même la dépasser, juste pour me prouver que j’ai compris ce que vous aimez, ce qui vous fait réagir. Et quand je n’y parviens pas, je me demande pourquoi. Moi qui veux se défaire du besoin d’approbation des autres, je suis mal partie!

Pourquoi je publie ce texte-là? Parce que je veux défaire un tabou, celui de la dépendance aux réseaux sociaux, de la dépendance à l’amour qu’ils procurent, de la dépendance à l’attention qu’ils nous donnent.

Pourquoi je publie ce texte-là? Parce que ça me fait du bien de l’avouer, parce que semble-t-il que c’est le premier pas vers la guérison!

Pourquoi je publie ce texte-là? Parce que j’espère aussi que vous allez le partager, le commenter et l’aimer. Ben quoi, si j’avais voulu me faire ma psychanalyse moi-même toute seule dans mon salon, je ne l’aurais pas partagé…

Martine

P.S. Pour vous « prouver » que je ne suis pas totalement folle, vous pouvez trouver une tonne d’informations intéressantes sur le sujet. J’ai même trouvé des références par le biais de travaux de recherches universitaires! 

http://www.psychologies.com, Pourquoi je suis accro à Facebook

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