choice-1375754_1280Une des phrases qui m’enseigne le plus de choses dans la vie, c’est qu’on a toujours le choix. Ils sont parfois difficiles à faire, je l’accorde, mais on a quand même toujours le choix. À l’annonce du diagnostic de Seb, on a pleuré pendant deux jours. À passer ensemble à travers tous les sujets possibles (oui oui, on a parlé de suicide, de refaire ma vie après, de testament, etc.), on s’est aussi donné la possibilité de choisir. 

Je lui ai dit que c’était à lui de choisir ce qu’il voulait faire avec ça. Je lui ai donné le droit de sacrer son camp et de partir sur une balloune. Je lui ai donné le droit de partir en voyage tout seul ou avec ses chums de gars pendant le temps qu’il voulait. Je lui ai donné le droit de réaliser ses rêves, avec ou sans nous. Je lui ai donné le droit de vivre cette nouvelle comme il le souhaitait.

De son côté, il m’a donné le droit de partir ou de rester. De l’aider jusqu’à la fin et d’avoir de l’aide à domicile ou de le placer si ça devient trop difficile pour moi.

Ayant toutes les fenêtres de possibilités ouvertes, on s’est donné le droit de choisir ce qu’on voulait faire avec cette nouvelle-là. On a choisi de continuer à avancer ensemble et qu’on s’adapterait au fur et à mesure.

Parler d’avenir est difficile. Quand on imagine les filles à l’adolescence, on est conscient qu’il ne sera sûrement pas là pour les voir. Il a encore le choix de tout sacrer ça là en se disant que ça ne sert à rien. J’ai aussi le choix de partir en courant pour ne pas vivre ça et refaire ma vie. Tous les choix sont là.

Est-ce que nos choix sont faciles? Tellement pas! Est-ce qu’ils sont finaux? Non plus. On se donne le droit de changer d’idée. L’important, c’est de s’en parler. Il est justement là le problème, s’en parler. Comment parler de tout ça, quant au départ, on ne sait pas quoi se dire. On peut parler d’argent sans problème, comme si on parlait de la météo. Mais parler de nos émotions, de comment on le vit, alors qu’on ne sait même pas vraiment ce qu’on vit en dedans, parce que personne de nous deux n’a vécu une chose pareille avant!

Au départ, j’ai dit à Seb que je ne le laisserais pas à cause de la maladie, mais de comment il la vivrait, si ça devenait trop pesant. Parce que aider son conjoint, en même temps qu’élever deux petites filles, s’il réagit avec un comportement adéquat et relativement serein, c’est une affaire. Mais aider son conjoint qui réagit avec colère, qui perd le contrôle et qui ne s’intéresse plus à rien, ça c’est non!

Sébastien a décidé de laisser de côté la colère et la rage pour vivre de beaux moments en famille, car la vie continue. Moi, j’ai choisi de vivre cette épreuve en famille, pour lui permettre d’être aux côtés de nos filles le plus longtemps possible. J’ai choisi de l’accompagner au meilleur de mes capacités, dans le respect de mes limites, qui soit dit en passant, se redéfinissent à mesure que la maladie progresse.

Vous m’auriez dit il y a deux ans que j’allais faire certaines choses pour l’aider, ça m’aurait royalement fait « chier », alors que maintenant, je le fais en me disant que ça doit le faire suer pas mal plus que moi. Nos limites sont comme un GPS, si on les dépasse, « recalcul en cours », pour ajuster notre route constamment. La destination finale est inscrite, mais on peut choisir le chemin qu’on veut pour s’y rendre.

J’ai déjà pensé tout quitter. J’ai déjà pensé mettre une pancarte à vendre et tout recommencer. J’ai 36 ans, pourquoi ai-je envie de vivre ça?! Une personne très chère à mes yeux, qui m’a toujours donné de judicieux conseils, m’a dit : « Quand tes filles vont te demander plus tard pourquoi t’es partie, seras-tu en paix avec ta décision? Sauras-tu leur expliquer sans douter du choix que tu auras fait? »

Ce n’est pas une question de faire un bon ou un mauvais choix. L’important, c’est de faire un choix et d’en assumer toute la portée. On a toujours le choix. On choisit de partir ou on choisit de rester. On choisit de changer ou on choisit de rester tel que l’on est.

Toutes les possibilités sont là…
On a toujours le choix…

Tout est une question de perception

Martine

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