Trouver mon équilibre dans la boue

Hier, j’ai réellement pris conscience, grâce à ma travailleuse sociale (sérieux, elle est géniale!), que je suis vulnérable. Notre situation hors du commun amène une détresse qui ne me quittera pas demain et je vais sûrement me battre contre elle encore longtemps. Je préfère dire aujourd’hui que je vais me battre à ses côtés, car elle est maintenant une alliée! 

Je suis constamment en déséquilibre et je dois apprendre à vivre avec ça. Une journée je vais bien, une journée je vais moins bien. Une journée je suis une mère aimante et patiente, une journée je suis une mère frustrée et colérique. Une journée je suis une conjointe admiratrice, une journée je suis une conjointe blessée.

Comment garder l’équilibre dans une situation qui est toujours en mouvement? Comment conserver une bonne santé mentale dans une situation qui apporte craintes et angoisses? Est-ce que je peux simplement me fier à ma capacité d’adaptation? Ou encore à ma résilience? J’ai levé le drapeau blanc il y a déjà presque 3 mois et j’en suis fière!

Grâce à cela, je suis une personne différente. Ma définition de la force a changé. Pour moi aujourd’hui, la force c’est de mettre un genou par terre, prendre le temps de vivre ce qui est, accepter ma détresse, me relever bien sûr, mais seulement lorsque je serai prête. Pas parce qu’il le faut, pas parce que les autres pensent qu’il le faut, pas parce que j’ai peur de paraître faible si je reste à terre trop longtemps. Simplement parce que prendre le temps d’accepter de mettre un genou par terre, c’est une épreuve en soi.

Simplement parce que prendre le temps d’accepter de mettre un genou par terre, c’est une épreuve en soi.

Je suis en train d’apprendre à trouver mon équilibre dans la boue. Saisir ce qui me fait du bien et ce qui me gruge de l’énergie. Comprendre quand m’arrêter et quand repartir. Accepter l’aide qui m’est offerte et refuser ce qui dépasse ma limite. M’autoriser d’être à la fois forte et faible, heureuse et souffrante. Car au fond, c’est tout ça être authentique…

Plusieurs personnes m’avouent aujourd’hui qu’elles me voyaient aller et qu’elles savaient bien que ça n’allait pas pour moi. Une seule m’a regardé droit dans les yeux pour me dire : « Martine, prends rendez-vous avec ton médecin. Tu ne vas pas bien. Je te vois aller et tu vas foncer dans un mur. Je sais que c’est difficile, mais fais-le pour toi. »

Je suis reconnaissance envers ma collègue. C’est en grande partie grâce à toi, Nadine, que ma nouvelle définition de la force est aussi forte à mes yeux aujourd’hui. Merci mon amie!

N’hésitez pas à avoir la même conversation difficile avec cette personne près de vous qui semble vivre une détresse. Et si c’est vous qui vivez une situation difficile, rappelez-vous que poser un genou par terre, c’est la première étape vers un mieux-être.

Tout est une question de perception

Martine

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