Le déclin de l'autorité parentaleSi vous avez des enfants, vous avez sans contredit reçu plein de conseils d’autres parents, mais également de ceux qui n’ont même pas d’enfant (en passant, je dois avouer que parfois, les conseils des « non-parents » ont été assez révélateurs!). Vous êtes peut-être abonnés à différents sites de références en matière de comportement, d’alimentation et de développement pour être mieux outillés en tant que parents.

On veut bien faire, on veut faire mieux que nos parents, on est bien intentionnés dans le fond! Mais à force de vouloir trop en faire, on oublie la fonction première d’être parent : Élever nos enfants. Il n’y a pas si longtemps, l’autorité parentale était quasi suprême et les enfants devaient s’y conformer sans rouspéter (Maryka le trouve bien drôle ce mot-là!). Aujourd’hui, le parent veut être l’ami et le confident de son enfant. Nous sommes passés d’un extrême à l’autre du balancier. Malheureusement, il y a, à mon avis, une conséquence importante au fait que nous ne voulions pas faire preuve d’autorité envers nos enfants : ils sont perdus et stressés, car ils ne savent pas ce qu’on attend d’eux.

Je suis tombé sur une vidéo intéressante de Salut Bonjour à propos du Déclin de l’autorité parentale, un gros 6.33 minutes qui m’a donné envie d’en lire davantage sur le sujet. En faisant quelques recherches, c’est l’article Le déclin de l’autorité parentale : pourquoi les parents doivent devenir adultes qui a retenu mon attention.

En psychologie du développement chez l’enfant, on apprend qu’il est essentiel pour l’enfant de grandir à l’intérieur d’un cadre marqué par différentes règles qu’il doit suivre. La petite phrase inscrite sur la photo de mon article « Et toi mon ange, qu’en penses-tu? » exprime où nous en sommes rendus dans l’éducation de nos enfants. Nous leur demandons leur avis sur presque tout! Qu’aimerais-tu manger pour souper? Quels vêtements veux-tu porter aujourd’hui? À quoi veux-tu jouer? Voudrais-tu aller porter ton linge dans le panier svp? Et ne vous méprenez pas, ça m’arrive aussi de le faire!

On pose beaucoup de questions à nos enfants, on argumente et on justifie nos décisions, sans même s’en rendre compte. On les implique dans les décisions, alors qu’ils n’ont pas à jouer ce rôle! Je ne suis pas en train de dire qu’on ne doit jamais les impliquer ou qu’on doit les traiter comme s’ils n’avaient pas leurs mots à dire, mais négocier avec eux pour les convaincre de notre point de vue n’est pas non plus la meilleure des options.

Je ne dis pas non plus qu’on ne doit pas offrir de choix à son enfant. Toutefois, lui poser une question à laquelle il peut répondre par non, pourrait vous placer dans une bien fâcheuse position. Veux-tu manger encore deux brocolis svp? Non, je ne veux pas! Oups, il avait l’option de répondre non! C’est beaucoup plus efficace si on offre un choix entre deux choses qui « font notre affaire » déjà à l’avance. Veux-tu mettre le chandail bleu ou le rouge?

On hésite aussi beaucoup à dire à notre enfant que ce qu’il a fait n’est pas beau, ou pas correct. Quand un enfant nous donne un dessin qu’il a pris 2 minutes à colorier, qui n’est composé que d’une seule couleur et que cette unique couleur dépasse les lignes du dessin, dire à son enfant : « Wow il est beau ton dessin, viens on va l’afficher au mur! », ce n’est pas aidant pour son enfant. Il va grandir en pensant que tout ce qu’il fait est beau et lorsque quelqu’un lui dira qu’il a fait un travail qui n’est pas satisfaisant, vous imaginez un peu sa réaction? Je suis plutôt du genre à dire : »Il n’est pas très beau ton dessin, ça paraît que tu ne t’es pas forcé pour le faire. Quand tu en feras un plus joli, on pourra l’afficher. » Maryka s’est encore essayé cette semaine en me donnant un dessin barbouillé tout en mauve. « Tiens maman, c’est pour toi ». Elle a fini par le déchiré elle-même et en refaire un autre avec plus d’attention.

Je constate également que plusieurs parents ne sont pas cohérents et conséquents. « Attention mon coco, maman va compter jusqu’à 3! 1…2…2 et demi…2 et trois quarts…3! » et puis rien! Que pensez-vous que les enfants se disent? Impossible d’instaurer un semblant de discipline si les parents n’appliquent pas les conséquences qu’ils « menacent » de faire.

Il y a une différence entre être dur comme parent et être ferme. L’autorité, ce n’est pas négatif, c’est nécessaire pour que nos enfants grandissent en connaissant les règles à suivre, pour qu’ils respectent les autres et qu’ils puissent devenir de adultes réfléchis et responsables.

J’ai eu une belle discussion avec une amie (Martine, ah qu’elle a un beau prénom mon amie!) à propos de ne pas imposer notre chemin à nos enfants, mais bien de les accompagner dans leur propre chemin tout en les encadrant. Je crois que si on peut reprendre possession de notre autorité parentale tout en laissant place à la souplesse dans nos « il faut » pour ne pas retomber à l’autre bout du balancier, nos enfants auront de bons modèles à suivre.

Qu’en pensez-vous?

Tout es une question de perception…

Martine

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