Environnement
Voyage au Mexique en 2013

Vous arrive-t-il de vous sentir en état d’alerte? Prêt à répondre rapidement (parfois trop!) aux différents stimulis dans votre environnement. Ce comportement quasi animal instinctif qui vous permet de vous sauver en courant ou de passer en mode attaque. Moi, constamment, ou presque! Si vous aussi vous connaissez ça, vous savez que ce n’est pas reposant!

À travers mes différentes recherches sur l’épuisement, j’ai lu beaucoup d’informations sur le sentiment de culpabilité que peuvent ressentir les gens. Mais ce n’était pas vraiment ce que j’avais l’impression de vivre. Insatisfaite des résultats de mes recherches, j’ai continué à creuser pour trouver un terme plus approprié. Il ne semble toutefois pas y avoir de terme exact décrivant ce que je voulais vraiment démontrer, alors je l’ai appelé : le sentiment de responsabilité excessive.

Laissez-moi vous dépeindre un peu le portrait pour que vous compreniez le concept. Depuis mon enfance, je suis conditionnée à être à l’écoute de mon environnement. Un de mes jeux préférés avec ma mère, c’était d’écouter le silence (oui je sais, on avait des jeux bizarres, mais laissez-moi continuer et vous allez comprendre!) pour ensuite énumérer les bruits qu’on avait entendus (une goutte d’eau qui tombe du robinet, une voiture qui passe dans la rue, etc.). Merci maman pour ce jeu simple qui m’a appris à faire du silence mon ami et qui m’a appris à être à l’écoute de ce qui m’entoure. Est-ce que je pousse trop si je dis que ça m’a peut-être même appris à ne pas me considérer le centre de l’univers, ou le nombril du monde? Trouvez-vous maintenant que c’est un jeu intéressant pour les enfants? Moi je le fais avec Maryka et elle aime ça!

Ensuite, à l’adolescence, j’ai commencé à travailler dans la restauration, comme préposée à l’accueil et ensuite en tant que serveuse, métier que j’ai exercé pendant 7 ans. Être conscient de son environnement fait partie du professionnalisme qu’on apprend. L’expression « avoir des yeux tout le tour de la tête » s’y prête à merveille. J’ai adoré être serveuse et je garde de magnifiques souvenirs de cette époque. J’ai d’ailleurs encore des amitiés qui datent de ce temps-là. Être serveuse m’a appris à travailler en équipe (pas comme aujourd’hui dans une job de bureau où on nous fait accroire qu’on travaille en équipe!). Travailler en équipe pour que tout se passe bien, pour que les clients aient une expérience agréable et positive. Se surpasser tous ensemble, en étant tous importants dans notre rôle (autant les cuisiniers, les plongeurs, les serveuses, etc.), parce que si tout le monde donne son maximum dans son propre rôle, ce sera mission accomplie!

Pendant que j’étais serveuse, j’ai étudié en psychologie, où mon désir de comprendre mieux les rapports humains a été exploité à son plein potentiel. Étudier les différentes variables bio-psycho-socio-environnementales d’un individu pour mieux comprendre ses comportements. Remettre en question nos différents paradigmes et nos croyances fait partie de notre cheminement. J’aime donc analyser les choses et voir les différentes perspectives d’une situation.

Ensuite, le coup de grâce, ça été les enfants! Je n’ai jamais été autant en état d’alerte que depuis que j’ai des enfants. J’entends et je vois tout ce qui se passe. Même quand je ne suis pas dans la même pièce qu’elles, je sais à 90% ce qu’elles font, à cause des bruits que j’entends, de leur discussion, etc. Si c’est trop silencieux à mon goût, là je suis certaine à 100% qu’elles préparent un mauvais coup! La nuit, je dors en étant prête à me réveiller si quelque chose arrive. Je prévois les « dégâts » avant qu’ils ne surviennent. Je reconnais une chicane en devenir avant qu’elle n’explose. Je suis constamment en état d’alerte, prête à réagir à ce qui se passe. Est-ce que c’est épuisant? Tellement!

Et là, avec la maladie de Seb, je suis aussi en état d’alerte pour répondre à ses besoins. J’essaie d’être au devant pour qu’il n’ait pas constamment à me demander de l’aide. Est-ce que c’est bon ou mauvais? Ça dépend du point de vue. On a eu une discussion à ce sujet afin que j’arrête d’être trop au devant, que j’allais attendre qu’il me demande quelque chose, question de m’en mettre moins sur les épaules.

J’ai eu la même réflexion à propos de mes filles. Je suis trop au devant. Je dois attendre qu’elles me demandent quelque chose, je ne peux pas être constamment en avant d’elles pour deviner ce qui va se passer. Malheureusement, ça implique des « dégâts » que j’aurais pu prévoir, mais que j’ai préféré ne pas agir pour les laisser apprendre de la situation.

J’ai l’impression d’avoir constamment des yeux tout le tour de la tête. Mes 5 sens sont aiguisés comme personne! Je vois les choses qui pourraient se produire avant même que ça arrive (et là on ne parle pas de prémonitions ou autres affaires du genre). C’est pour cela que j’appelle ça le sentiment de responsabilités excessive. C’est se sentir responsable de son environnement, de ce qui en découle, de ceux et celles qui en font partie. On pourrait aussi parler de porter le poids du monde sur ses épaules, mais avec une variable différente, c’est une question de percevoir son environnement et non de vouloir le contrôler. Je dois apprendre à lâcher prise et ne pas intervenir. Est-ce que c’est une question de vie ou de mort? Non, alors arrête de t’en faire et laisse aller Martine!

Et vous, qu’est-ce qui a façonné qui vous êtes aujourd’hui? Quels jeux d’enfance, quelles expériences professionnelles, quelles amitiés? Au final, être consciente de mon environnement, c’est un atout dans ma vie. Je dois simplement apprendre à doser et équilibrer les moments où j’utilise cette aptitude que j’ai à saisir et comprendre rapidement ce qui m’entoure.

Tout est une question de perception…

Martine

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