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Voyage au Costa Rica en 2007

Je regrette ma liberté avant d’avoir des enfants…
Je regrette la mère impatiente que je suis parfois…
Je regrette la course folle que ma vie est devenue…

Et si on acceptait ce qui est?
Et si on se pardonnait plus souvent au lieu de se culpabiliser?

La patience n’a jamais été une de mes forces. Je suis plutôt impulsive et mon niveau de résistance aux niaiseries de mes enfants dépend de comment je feel déjà au départ. Une journée ça passe et le lendemain je pète une coche pour rien!

Quand est-ce que ça a changé? À quel moment on s’est donné comme mission de devenir des parents parfaits? À quel instant on s’est dit que la façon dont on avait été élevé ne valait pas de la marde et qu’on serait différent? Qui a décidé qu’on devait élever des enfants performants et super connaissant avant même d’entrer à la maternelle?

Il vient d’où ce sentiment que ce n’est jamais assez? Elle vient d’où cette envie d’avoir une vie amoureuse de rêve, des enfants qui nous écoutent au doigt et à l’oeil, une carrière ambitieuse et fructueuse, et pourquoi pas aussi une vie sexuelle épanouie et empreinte d’une complicité extraordinaire avec notre conjoint? C’est quoi ce rêve débile d’une vie parfaite qui me pousse à feeler moche quand ça ne marche pas comme je l’avais imaginé?

Mes parents ont fait le choix que ma mère resterait à la maison pour être avec nous jusqu’à l’école alors que mon père allait travailler. Mes parents sont bien ensemble sans être de super amoureux démonstratifs. Ma mère avait de la misère à faire de la discipline alors que le seul regard de mon père suffisait à me foutre la chienne (pour rien en passant parce qu’il est super doux mon petit papa!). Alors pourquoi toute cette pression aujourd’hui? Pourquoi avoir une image irréaliste de ce qu’est la vie?

Je ne me souviens pourtant pas avoir eu des modèles parfaits autour de moi. Je ne me souviens pas avoir été inspirée par des gens vivant la vie rêvée que j’aimerais avoir aujourd’hui. Alors d’où ça vient cette idée que ce que j’ai n’est pas assez bien et en vouloir toujours plus?

Je commence à être tannée de tout cet engouement pour l’inspiration du changement. Cette idée qu’on nous rentre dans la tête qu’on doit changer notre vie pour être heureux. On doit suivre notre coeur, suivre nos passions! Quelles passions? Et si je n’en ai pas de passion, dois-je culpabiliser parce que je n’ai pas été capable de me trouver une passion dans la vie? Sérieux, encore un autre stress!

Et si je faisais le deuil de cette vie idéalisée que je n’ai pas…

Et si j’essayais simplement d’être un peu plus en paix avec moi-même dans toute l’imperfection que ma vie représente?

Et si j’arrêtais de culpabiliser parce que mes filles écoutent plus que 2 heures de télé par jour (oh non, quelle maman indigne je suis de laisser mes filles écouter des bonshommes le matin avant la garderie ou un film un soir de semaine, et surtout écouter plein de bonhommes la fin de semaine alors que je relaxe en prenant mon café!).

Et si j’arrêtais de culpabiliser parce que je n’ai pas envie de jouer avec elles et que je préfère faire la vaisselle pour avoir 10 minutes de paix (Oui oui, même si on dit qu’on devrait passer 20 minutes par jour avec ses enfants en étant juste avec eux, sans rien faire d’autre que d’être avec eux et jouer à leur façon). J’aime pas ça moi me faire dire par ma fille de 4 ans ce que je dois dire et faire, parce qu’elle est l’éducatrice et moi je suis l’enfant. « Maman, toi tu vas dire que tu ne veux pas faire dodo, et moi je vais dire que tu dois faire dodo, et là toi tu vas dire… » Essayez pas, je sais que ça vous énerve vous aussi!

Et si j’acceptais d’être cette mère impulsive, mais aussi aimante qui prends 5 minutes le soir pour leur chanter leur chanson préférée en allant les coucher (Bon ben coup donc, j’ai au moins 5 min sur le 20 min recommandé!).

Et si j’acceptais que les repas ne soient pas toujours accompagnés de fruits ou de légumes, parce que je n’ai pas envie d’en faire ou parce que j’ai envie de manger du poulet pis une grosse poutine! Viens pas me mettre des brocolis avec ça…je vais prendre une liqueur! (Bon ok juste du lait pour les filles, ou si je me sens lousse, un jus de fruits!).

Dans le fond, j’espère juste que mes filles, si un jour elles consultent un psy, pourront dire qu’elles ont eu une enfance heureuse. Qu’elles ont eu une maman qui les aimait beaucoup et qu’elles le sauront, parce que je vais leur avoir dit à tous les jours…en le pensant sincèrement! Même si 5 minutes après je pète une coche parce que vous faites le bacon dans l’entrée et que vous ne voulez pas mettre vos bottes et votre manteau.

De toute façon, si je ne veux pas que vous ayez un modèle de perfection à atteindre comme mère plus tard (si bien sûr vous voulez des enfants, parce que franchement, c’est une méchante job avoir des enfants!), c’est bien tant mieux que je vous montre les différents côtés d’une maman, avec mes forces et mes imperfections.

Tout est une question de perception…

Martine Phaneuf

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