Lâcher prise
Ma belle Charlie à 3 mois

Plusieurs connaissent déjà l’histoire…mais pour mon plaisir (et le vôtre aussi j’espère!) et parce que la température de ce matin m’a donné le goût de l’écrire…Voici l’histoire (pour ne pas dire l’aventure rocambolesque) de la naissance de Charlie…

Pour Maryka, ça avait été très difficile. Provoquée à cause de la pré-éclampsie, branchée de partout pour surveiller les signes vitaux de bébé, 22 heures de travail, 3 péridurales qui ont dégelé pour finir par accoucher naturellement en pensant ne plus avoir l’énergie de me rendre à la fin. Disons que juste l’idée de repasser par là me décourageait.

Donc pour Charlie, dès le 6e mois de grossesse, j’ai fait le souhait à haute voix, que je me suis répété à tous les jours dans le dernier mois de grossesse : Je veux vivre un accouchement rapide, facile et agréable. Je voulais que ma deuxième fille me réconcilie avec l’accouchement. Sacrée Charlie, elle l’a fait à sa manière!

La date déterminée était le 22 décembre 2013. Qui veut accoucher près de Noël? Je m’étais donc dis qu’elle arriverait plus vite, autour du 15 ou 18 que j’avais en tête. Ben oui c’est ça! Le matin du 22 décembre, toujours aucune Charlie en vue. On déjeune en famille dans le salon. C’est un matin de tempête de verglas alors Seb décide d’aller déneiger l’entrée, on est quand même à la date prévue! Il me demande si tout va bien, et effectivement tout va bien.

Je décide d’aller prendre ma douche. Je vais à l’étage avec Maryka, qui a 2 ans. Je ferme la barrière de l’escalier et je laisse la porte de la salle de bain ouverte. J’installe Maryka dans la salle de bain avec des jeux, je peux la voir puisque nos portes de douche sont en verre. Je suis en train de me laver les cheveux quand soudainement, je sens une contraction et je perds mes eaux. J’ai un petit cadran dans la salle de bain alors pour le plaisir, je regarde l’heure en me disant que je vais voir combien il y a de temps entre mes contractions. J’en ai une autre, déjà? Je regarde l’heure, ça fait deux minutes! Quoi? Je suis déjà aux deux minutes? Je me rince les cheveux, me lave en vitesse, de toute façon ça coule à chaque contraction que j’ai alors ça ne sert pas à grand chose!

J’essaie d’appeler Sébastien sur son cellulaire, mais j’entends la sonnerie dans le salon, il est sur la table. Il déneige tranquillement l’entrée derrière sa souffleuse sans se douter que je vais accoucher dans la prochaine heure! Maryka me regarde et me dit : bobo maman? Je ne veux pas l’effrayer : “Oui ma grande, c’est Charlie qui arrive, je crois qu’elle a hâte de te voir”. Je suis en train de mettre de l’eau partout à l’étage, alors une idée me passe par la tête : Je vais m’installer dans le bain, je ne vais pas tout salir! Oups j’ai oublié le téléphone…Je demande à Maryka de me l’apporter, faut que j’appelle le 911. Je suis littéralement paniquée…

C’est là que tout à changé. Quelque chose s’est passé. Je me suis dit : “Martine, je pense que tu vas t’accoucher toi-même!” et phénomène bizarre, je me suis détendue. J’ai commencé des respirations abdominales au lieu de garder tout ça dans le thorax. Et là j’ai compris, j’ai parlé à Charlie : “Ok ma cocotte, on va faire ça ensemble”. J’ai pris le téléphone et j’ai composé… “Oui bonjour, je suis en train d’accoucher! Mon conjoint déneige l’entrée, il ne sait pas que le travail est commencé”.

Oui bonjour, je suis en train d’accoucher! Mon conjoint déneige l’entrée, il ne sait pas que le travail est commencé.

Les policiers et les ambulanciers sont arrivés pratiquement en même temps en vitesse devant la maison. Imaginez un peu la face de Seb quand le policier lui a dit que j’étais en train d’accoucher dans le bain! Tu parles d’une histoire! L’ambulancière, Josée, avec qui ça a cliqué tout de suite, m’a guidé tout au long de l’aventure. Le contact visuel entre nous deux se faisait comme si rien autour n’existait. Il n’y avait que Charlie, elle et moi. Je me suis sentie en confiance immédiatement avec elle. J’étais rendue au minute entre les contractions. Nous avons finalement décidé d’aller à l’hôpital et que je pourrais accoucher en chemin dans l’ambulance s’il le fallait. Pourquoi pas, ça serait cool d’accoucher dans l’ambulance!

Le travail se faisant de plus en plus efficace à chaque contraction, Josée voyait la tête. Elle m’a dit : “Si tu sens que tu veux pousser, dis-le moi, on va s’arrêter et on va faire ça ici”. Je me suis mise à penser à mon arrivée à l’hôpital. Ils vont vouloir me brancher, me monter à l’étage, s’assurer que tout est correct avant que je pousse, ça va être beaucoup trop long! J’ai alors décidé de pousser pour voir ce qui se passerait. Josée s’en est aperçu tout de suite parce que la tête voulait sortir. Elle m’a dit : “Es-tu en train de pousser toi là?” Je ne me souviens plus si je me suis excusé de ne pas l’avoir avisé. Désolée Josée! Ils ont arrêté l’ambulance et Charlie est arrivé en trois poussées. 10 lbs et 10 onces. 22 pouces. Pauvre cocotte, elle avait l’air de Georges St-Pierre après un combat! Charlie est née sur l’accotement de l’autoroute 20 à Ste-Madeleine. Celle que j’avais attendu pendant des jours avait décidé d’arriver à la date prévue, mais de faire ça en vitesse!

La fin est aussi spéciale que le début. En arrivant à l’hôpital, le personnel de l’urgence nous a accueilli avec une haie d’honneur et des applaudissements. Le policier et la policière qui ouvraient la route à l’ambulance sur la 20 nous ont tendu une bouteille de champagne en nous félicitant. C’était surréaliste! C’est là que j’ai réalisé toute l’ampleur de la situation.

Quand je raconte mon histoire, plusieurs femmes me disent qu’elles n’auraient vraiment pas aimé être à ma place. Et pourtant moi, j’ai adoré la naissance de Charlie…

Cette expérience m’a grandement réconcilié avec l’accouchement. J’ai adoré vivre ça de cette façon-là. Est-ce que j’ai été paniquée? Oui au début, ensuite j’ai laissé aller et la “magie” a opéré…Dans la vie, les choses ne semblent peut-être pas toujours se dérouler comme on l’avait imaginé. Je peux toutefois confirmer que j’ai eu un accouchement rapide, facile et agréable, comme je l’avais souhaité. Charlie a maintenant deux ans et elle est à l’image de sa naissance. Elle va faire quelque chose quand elle va l’avoir décidé. Mais une fois décidée, tassez-vous, ça passe par là!

Un merci spécial aux paramédics et aux policiers qui nous ont accompagnés dans cette belle histoire! Nous sommes allés prendre des photos avec eux, sur leurs lieux de travail, un mois après la naissance de mademoiselle, pour leur présenter Charlie. Un moment rempli de beaux souvenirs et de beaux sourires…

Cette aventure m’a aussi appris que lorsque je me fais confiance et que je travaille avec la situation, au lieu de vouloir la contrôler ou résister à ce qui m’arrive, tout semble se dérouler pour le mieux. Peu importe de quoi il s’agit…

 

Tout est une question de perception…

Martine Phaneuf

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